Pour resituer le débat dans le champ médico-sanitaire, l’alcoolisme mais surtout les comportements de consommation excessifs et abusifs, les mélanges entre alcool et d’autres substances, ont des conséquences très sérieuses en terme de santé publique – autant psychiques avec le développement d’une addiction, que strictement somatiques.
Ainsi, l’addiction est définie comme une conduite caractérisée par la perte de contrôle, le besoin compulsif de recourir à l’objet – physique ou symbolique – de la dépendance. Ce besoin persiste malgré la notion de risque, l’abandon d’activités sociales et familiales. Elle s’exprime aussi par des signes physiques caractéristiques de la tolérance et du syndrome de sevrage. Pour certains auteurs, l’addiction apparaît comme un processus de régulation de l’équilibre psychique du sujet et comme un moyen d’échapper à un inconfort interne. Les anglo-saxons décrivent souvent l’addiction comme une excellente manière de coping (en traduction littérale « faire face ») devant des situations difficiles.
Dans le débat actuel sur les toxicomanies, la connaissance des facteurs imputables dans le déterminisme et l’entretien des conduites addictives occupe une place importante. Facteurs de risque
Il ne faut pas oublier les facteurs de vulnérabilité – génétiques, neurobiologiques et les facteurs de personnalité.
La législation actuelle présente des mesures censées réduire les risques liées aux consommations massives d’alcool.
La loi du 15 avril 1954 aborde l’aspect du dépistage et du traitement des alcooliques dangereux pour autrui. Dans les entreprises la législation anti-alcool est sévère. Des dispositions figurent dans le Code du Travail et dans le règlement de fonctionnement intérieur de chaque entreprise (ébriété sur les lieux de travail).
La protection des mineurs est réglementée par des directives DDASS et par différents articles du Code Civil et Pénal. L’entrée dans les débits de boissons alcoolisées est régie par la loi, de même l’emploie des mineurs dans ces endroits.
La publicité sur l’alcool est limitée par la loi du 30 juillet 1987. Les catégories de boissons figurant parmi les alcools du groupe 5 (whisky, pastis, vodka, gin), est interdite. Pour les autres catégories la publicité est limitée (interdite sur les stades, terrains de sport, dans des locaux destinés à la jeunesse).
L’alcool au volant est un fléau de la société moderne, responsable d’environ 30% des accidents. Les jeunes conducteurs sont les plus touchés.
Les lois successives ont baissé le taux légal de l’alcoolémie, la dernière en date, la loi du 12 juin 200, fixe le taux légal d’alcoolémie à 0,5 g d’alcool pur par litre de sang (0,25 mg/l. d’air expiré).
Il serait souhaitable qu’ils abordent aussi le sujet de la politique ultra répressive en matière des addictions, politique complètement dépassé. Il suffit de faire la comparaison entre le nombre des morts annuel suite aux consommations massive d’alcool et les autres mortalités (pourquoi ne pas comparer alcool vs. cannabis ?)
Malheureusement le débat a été faussé par les prises de position radicales et passionnelles entre pro et anti, sans aborder la situation réelle de ces consommations, des conduites à risques de plus en plus grandissantes des jeunes, des risques encourus par les jeunes, mais aussi par les autres catégories fragiles.
Ce débat les acteurs du secteur le demande depuis longtemps, eux qui sont confrontés à l’explosion des consommations, avec peu de moyens et maintient un sentiment d’incompréhension.
Plus récemment la légalisation du cannabis aux US, qui elle est justifiée directement par des critères économiques mais aussi en terme de réduction des trafics et réductions des risques liés aux mélanges avec d’autres produits.
Pour revenir à l’alcool, on a les modèles nordiques, avec une interdiction de la pub, mais aussi un taux d’alcool de 0% au volant et donc une mortalité routière de moitié comparée avec la France.
La notion de « bien boire » a choqué beaucoup de monde car derrière cette expression on voit une incitation et banalisation de la consommation d’alcool, mais il apparaît comme indispensable de pouvoir parler d’une consommation festive, avec une quête de plaisir, éduquer les consommateurs dans ce sens. Beaucoup de patients qui se présentent en soins pour des alcoolo dépendances, ne souhaitent qu’une chose, réussir à consommer avec modération et plaisir, lors des repas de famille, de manière conviviale. Diaboliser la consommation d’alcool peut induire des effets plus graves qu’une discussion apaisée.
Il est très important de rappeler que certains médicaments efficaces dans la prise en charge de l’alcool dépendance ont étaient très longtemps prescrit hors AMM (autorisation de mise sur le marché) par des professionnels de santé soucieux de la prise en charge de leurs patients.